Pour entrevoir ce que subissent ces fillettes et ce que perdent ces femmes
"La caresse de Vénus" du Dr Gérard Leleu, morceaux choisis :
/.../ "À cette puissance de turgescence s'ajoute, pour créer la richesse érotique de la femme, une fastueuse sensibilité de ses muqueuses. En ce qui me concerne, moi, le clitoris, il faut dire que cette sensibilité est tout à fait extraordinaire. Rendez-vous compte : alors que le gland du pénis, tellement plus volumineux que moi, est doté de trois à quatre mille capteurs sensitifs, moi, ma petite perle en porte huit à dix mille ! Je suis bourré de récepteurs de toutes sortes : ceux qui captent les contacts, ceux qui enregistrent les pressions, ceux qui détectent le chaud et d'autres le froid, ceux qui sentent la douleur et surtout ceux qui engendrent la volupté, les corpuscules de Krauss. C'est sur moi et nulle part ailleurs (hormis sur le gland pénien) qu'on trouve ces corpuscules spécialisés dans le plaisir orgasmique. Au total, je porte la plus grande concentration de récepteurs de tout le corps ; même la pulpe des doigts ou les lèvres ou la langue, pourtant si sensibles, n'en ont pas autant. À vrai dire, je suis un véritable détonateur pour ne pas dire une bombe sexuelle.
Les femmes connaissent bien ma puissance magique. Rapportés à ma taille, les effets que je produis en elles, qui vont de la béatitude au séisme orgasmique où leur tête se perd, où elles quittent la Terre, tiennent de la magie. C'est pourquoi jour et nuit j'entends le choeur universel des femmes chanter mes louanges. Les hommes pourraient être jaloux ; certains le furent (d'autres le sont encore) mais ceux qui aiment vraiment la femme me bénissent : c'est un tel bonheur pour eux de jouer avec moi et par moi d'allumer chez leur aimée de si heureux embrasements qui les enflamment à leur tour.
Histoire d'une guerre contre le clitoris.
"Je ne pense qu'à donner du plaisir et du bonheur à la femme, moi, le clitoris. "Ce n'est pas juste, dites-vous monsieur,quel énorme privilège pour elle !" Pourtant quand vous me taquinez et que la femme jouit, vous exultez, vous adorez lui mettre la tête à l'envers grâce à moi. /.../De toute façon, si vous aimez votre amie, vous devriez vous réjouir de son plaisir. La jalousie manifestée par cet interlocuteur est une des raisons de mes malheurs. Voilà quinze mille ans -c'était les débuts du patriarcat- que les hommes me font la guerre, m'accusant de tous les maux et m'infligeant les pires supplices. Tous ne me coupaient pas mais tous m'assassinaient.
L'accroissement de l'intelligence humaine accompagnée de l'augmentation du volume du cerveau a conduit l'espèce à mettre au monde des petits immatures. Hélas, dans cet état, le bébé n'avait pas plus de chance de vivre qu'une larve jetée sur le sable du désert : il était le plus démuni des vivants. Pourtant, il allait survivre et devenir le roi du monde grâce à une femme : sa mère, qui allait achever, dans ses bras, la création qu'elle avait commencé dans son ventre. Elle allait porter le bébé, le réchauffer, le protéger et surtout le nourrir de sa propre chair. L'homme, lui, voyait le ventre de cette femme grossir et en sortir un petit, accomplissant ce que tous les autres vivants font. La femme participait à la création de la vie et lui, l'homme, en était exclu (il ne connaissait pas encore son rôle dans la procréation); En ce temps-là, l'homme en éprouvait plus d'admiration que de jalousie. Au pouvoir de la procréation et aux pouvoirs réels que lui conférait l'élevage de bébé et sa présence en permanence au gîte a découlé le statut de chef de famille et chef de clan. Et un autre pouvoir rendait la femme encore plus magique : son pouvoir érotique. Elle est capable de faire naître chez l'homme une force -le désir- qui le pousse irrésistiblement vers elle. Arrivé dans ses bras, il connaît le plaisir le plus extraordinaire qu'il puisse éprouver. Dès lors, il ne pense plus qu'à retourner près d'elle pour retrouver la même ivresse. Ainsi il s'attache, devient dépendant d'elle et perd la maîtrise de son destin. La femme elle-même manifeste un désir et un plaisir qui paraissent encore plus violents que ceux de l'homme. Son déchaînement est impressionnant, fascinant et...inquiètant. La femme ensorcelante, sûrement. Sorcière ?
Pouvoir de donner la vie, pouvoir d'enivrer l'homme, la femme est décidément un être extraordinaire. Aussi, l'être surnaturel qui a créé le monde et les humains ne peut être qu'une femme : c'est la Déesse Mère.
Le matriarcat fut cette époque qui remonte à la préhistoire, où la Déesse régnait et où la femme prédominait ou, plus justement, les valeurs féminines : le respect de la vie, la sollicitude envers les autres, la tendresse, la non-agressivité, la paix, etc.
Un jour funeste, l'homme découvre son rôle dans la procréation. Sa semence est à l'origine de la reproduction. Alors tout se renversa : le phallus érigé devint l'emblème de la nouvelle civilisation, Dieu le mâle remplaça la Déesse Mère et la femme fut réduite en soumission. L'homme organisa la société -le patriarcat- de sorte que toute l'autorité, tous les privilèges se trouvent entre ses mains ; la femme perdit toute considération et tout droit. L'arme la plus perfide et la plus efficace pour la réduire, fut la dévalorisation, voire l'humiliation. Les religions phallocratiques usèrent particulièrement de cette arme.
Maître de la femme, l'homme fut-il pour autant plus heureux ? Non point, il vécut dans une peur obsessionnelle que la femme ne lui dispute l'autorité, les énormes privilèges et les droits léonins qu'il s'était accordé. Et si la femme, comme tout esclave, se révoltait ? Ne détient-elle pas toujours les pouvoirs magiques qui d'antan l'avaient faite reine : la maternité et la sexualité ? La puissance sexuelle de la femme était bien ce qui menaçait le plus l'organisation patriarcale. Que pouvait bien redouter l'homme de la richesse érotique féminine qui pourtant l'avait subjugué ? Il avait peur d'être épuisé et attendri et de ne pouvoir remplir ses rôles sociaux de chef, de chasseur et de guerrier. Il craignait d'être attaché et aliéné et de n'être plus maître de son destin, enfin, il s'inquiétait des désordres publics liés aux passions sexuelles que provoquerait la femme : désir, jalousie, rivalité...Il inventa alors un arsenal aussi multiple que cruel pour réprimer la sexualité féminine : faire du plaisir sexuel quelque chose de honteux voire un "péché", culpabiliser la femme en la chargeant d'une faute originelle de nature sexuelle, la séquestrer dans des lieux clos, la voiler, l'enfermer dans le mariage avec obligation de fidélité (sous peine de mort) et summum du passage à l'acte, la mutiler : s'en prendre à ses organes sexuels et plus spécialement moi, le clitoris, jusqu'à me couper.
L'excision, consiste à me sectionner à l'aide d'un couteau, de ciseaux, ou d'un bistouri. Dans les mutilations traditionnelles et donc "artisanales" on ne peut éviter d'enlever en même temps que moi-même une partie de la vulve ; seule la clitoridectomie réalisée par un chirurgien avec un bistouri peut être limitée à mon gland. Souvent une infibulation est associée à l'excision. Au couteau certains barbares préfèrent le feu ; les barbares sauvages utilisent la brûlure au tison rougi, les barbares civilisées usent du thermocautère ou du nitrate d'argent. Bien souvent, c'est toute la vulve qui est brûlée. Les tissus les plus sensibles de la femme sont martyrisés. La douleur est atroce et son souvenir hantera toute la vie de la femme. Les complications consécutives à l'excision sont nombreuses. L'hémorragie est importante et entraîne parfois la mort. En raison du manque d'aseptie, des infections se déclarent (septicémies, gangrènes, tétanos), beaucoup sont mortelles. À long terme on retrouve des douleurs chroniques et des complications liées à la cicatrise sclérosante (et hideuse) telles les complications urinaires, et obstétricales. La cicatrice constitue un obstacle à l'accouchement et lorsqu'elle se rompt, elle entraîne la rupture de la cloison vagino-vésicale et de la cloison vagino-rectale, d'où des hémorragies mortelles (quand elles n'en meurent pas, les femmes se retrouvent écartées du village : ces lésions entraînent une incontinence urinaire et fécale. L'odeur permanente qu'elles dégagent alors en font des quasi pestiférées, les rendent impures et signe leur bannissement...)Bien entendu, la mutilation constituera un handicap considérable à la vie érotique. Les nerfs coupés et les capteurs de voluptés supprimés ne repousseront jamais. Il sera extrêmement difficile pour ces femmes de jouir, ce qui rassure les maris qui se sentent menacés par la richesse sensuelle de la femme. Lesquels maris s'adressent en extraconjugal à des femmes non excisées lorsqu'ils veulent connaître la plénitude de l'érotisme féminin.
En supprimant le clitoris, Les mâles veulent réduire la libido de la femme afin de se protéger et de protéger la société patriarcale. Le clitoris n'est d'aucune utilité dans la conception. En le supprimant, on oblige la femme à se rabattre sur le vagin qui est le lieu de la reproduction et la rend dépendante de l'homme. Toute agression contre le clitoris (excision physique ou psychique) ne peut qu'être inspirée par de mauvais sentiments, le plus souvent la mâle-peur.
Voilà, cette petite perle méritait bien un pavé. Excisez du peu.
Avant d'aller visionner (si vous le pouvez) la vidéo et de signer la pétition contre l'excision, sachez qu'en Grande-Bretagne, on a pratiqué cet acte barbare, réducteur et parfaitement indigne jusqu'en 1920 et que de nos jours, 2000 bébés par an sont excisées aux Etats-Unis pour cause alléguée "d'hypertrophie". Ces normalisations ne sont rien moins que très suspectes...
http://www.respect-ev.org/index.php?option=com_content&task=view&id=45&Itemid=34
Et vive le clito libre !
Merci de faire suivre largement.
Et patati et patata
Passionnant pour ce qui est des capacités du clito, monstrueux pour ce qui est de la barbarie des hommes ...
PS : j'ai reçu le paquet, merki !!! Je me l'embarque pour les vacances ... :D
N'est-ce pas...Et dire qu'il y a des hommes qui ne savent même pas ce que c'est qu'un clito...Et des femmes qui ont une telle méconnaissance de leur corps qu'elles n'ont jamais eu d'orgasme (seules ou accompagnées)
Dingue...!
Et pour le paquet, j'ai hâte de causer de ce bouquin avec toi...Je viens d'en finir un autre (Pardonnez nos offenses de Romain Sardou) je l'ai trouvé bien fadasse à côté de celui-là...Un petit bijou, oui !
Bravo pour ce billet et ce lien ...!
Trop de femmes aussi empêchent leur petite fille de se caresser , ou ignorent leur corps.L'ignorance des hommes est étonnante , mais ces excisions sont une volonté de pouvoir . Il est juste de s'y opposer .
salut Angèle !
je n'ai jamais posté chez toi mais je te lis souvent, comme je lis Alisabel, clairette ou Pascale, comme je butine sur le forum des Materneuses...... et là chez Pascale je te lis qui te lamente que ton billet sur l'excision n'attire pas des masses de commentaires alors tu vois, je commente.
Mais euh, pour dire que je ne sais pas si j'aurais la force de regarder la vidéo....
Merci en tout cas de permettre à tout un chacun de prendre connaissance du super bouquin de Leleu.... et de relayer la pétition que je vais signer de ce pas.
Bises Angèle, continue à écrire, tu as du talent....
*Oui Griffoninne ! Tu as raison de le préciser, beaucoup de parent sanctionnent encore l'auto-caresse alors qu'il est primordial de connaitre son propre corps et d'apprendre l'essentiel du plaisir simple qu'il nous procure. Quant à l'ignorance des hommes, comment dire...Elle ne me surprend guère...Il sont si peu à penser avec leur tête ;-)
*Coucou Stéphanie ! Merci de couper court à ma lamentation ;-b Les livres de Gérard Leleu sont formidables ! Si tous les hommes nourissaient la même fascination, le même intérêt, la même passion que lui pour les femmes, les 70% d'insatisfaites seraient vite un mauvais souvenir ! Et merci pour le compliment, ça me touche beaucoup, vraiment !
Des bises !



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