Le fouillis des Sotrés

le je ne sais quoi et le presque rien

Naissance de Loan - épilogue...Enfin !!!

Je vous raconte tout ça parce que je pense qu'il faut savoir que ça existe, ici, en France, pays des droits de l'homme, pays démocratique, pays de liberté...

Pour la naissance de Loan, nous nous étions préparés à l'éventualité d'un départ pour l'hôpital en consultant au neuvième mois une gynécologue à laquelle nous avions soumis un projet de naissance      qu'elle a accepté sans la moindre hésitation et sans y mettre de réserves. Nous avions choisi l'établissement où notre sage-femme, C. a accès au plateau technique. C'est aussi là que sont nés mes 4 grands.

Loan naît samedi soir. J'essaye de contacter C. sur son portable pour l'en informer afin de mettre en place le suivi post-partum. Elle est injoignable. Introuvable sur le bottin. Je décide d'appeler la maternité : peut-être sont-ils en possession de son numéro personnel ? La sage-femme qui me répond au téléphone est surprise de notre choix de ne pas demander un transfert sur l'hosto via le SAMU. Je la rassure et lui explique que notre projet de naissance comportait la sortie précoce. Je ne vois pas l'utilité de déployer l'artillerie lourde pour un simple aller-retour qui ne se justifie absolument pas puisque je vais bien et le bébé aussi. (J'appelle le SAMU quand je ne peux pas faire face seule au problème de santé qui se présente à moi et ça n'est pas le cas.) Donc, je reste chez moi, au chaud, bien tranquille. Je précise, pour finir de la rassurer que je suis infirmière et que Loan est mon 6° enfant. Elle est très sympa et ouverte, elle comprend très vite qu'elle n'a pas à faire à une hurluberlue ou une insensée. Elle respecte totalement mon choix et notera mon appel aux transmissions. Comme ils n'ont pas le n° perso de C. non plus, je décide de lui laisser un message et d'attendre le lendemain pour la recontacter.

À l'écoute de mon message, C. se rend à la maternité pour y chercher un carnet de santé et le nécessaire pour d'éventuels soins. Elle y rencontre le gynécologue chef du service qui n'est autre que celui qui m'a si mal traitée lors de mon premier accouchement (une véritable horreur...). N'ayant aucune envie d'entrer dans des débats stériles sur ma volonté d'accoucher sans assistance, je me suis contentée de relater la rapidité du travail, faisant croire à la nature inopinée de cette naissance. Malgré cette version édulcorée des faits, il se met en colère et passe un savon à C. Il ne comprend pas que nous n'ayons pas appelé le SAMU pour un transfert vers l'hôpital comme le font toutes les femmes accouchant trop vite, il affirme que sa responsabilité est engagée du fait que j'ai téléphoné pour faire avertir ma sage-femme de la naissance de Loan à domicile, il prétend qu'il ne peut accepter de nous « laisser dans la nature » sans que le bébé ait vu un pédiatre. Il demande mon profil psychologique et veut connaître mon milieu social. Car, voyez-vous, accoucher à domicile sans requérir l'aide d'un grand médecin fait de moi une parfaite insensée, une véritable cinglée ou une Mère Groseille qui vient de pondre son sixième lardon pour les allocs !!! Il veut envoyer le SAMU à mon domicile sans me prévenir au préalable et exige notre transfert vers son service sur le champ. Outrée, ma sage-femme s'y oppose avec véhémence, arguant qu'il ne peut décemment agir de la sorte avec une femme qui vient juste d'accoucher. Il exige alors que je vienne par mes propres moyens afin de faire voir Loan par le pédiatre de garde. En cas de refus, il téléphonera au Procureur de la République qui enverra le SAMU alors habilité à me retirer mon bébé (allaité) pour qu'il soit vu par un médecin -reste à ma charge de venir le récupérer à l'hôpital- Lorsque ma sage-femme m'annonce tout cela, je suis atterrée. Elle me prendra la tension dans la foulée : 14/8, je n'en ai jamais eu autant !!! Je ne comprends pas un tel déchaînement de colère, d'intolérance, de bêtise, d'inhumanité face à notre choix de non-hospitalisation. Nos compétences de père et mère à prendre en charge un nouveau-né SEULS, à évaluer son état général et à lui prodiguer ce dont il a besoin semblent appartenir au néant. Mes compétences de femme, de mère à donner la vie le plus simplement, le plus librement du monde : inenvisageable et inacceptable ! Les compétences de ma sage-femme sont niées, sa parole réduite à néant puisque les constats et examens qu'elle pratique sur Loan et moi-même ne suffisent pas à justifier notre maintien à domicile. Elle a pourtant fait les mêmes gestes que toutes les sages-femmes font à chaque naissance. L'examen de Loan a été pratiqué dans le plus grand respect du protocole en vigueur. Mais non...Il faut savoir que si la naissance avait eu lieu à l'hôpital, je n'aurais bénéficié que des soins d'une simple sage-femme et Loan n'aurait eu la visite d'un pédiatre, au mieux, que le surlendemain puisqu'elle est née un samedi soir. Pourquoi, dans ce cas, déployer tout cet arsenal -qui ira jusqu'au déplacement de deux gendarmes jusqu'à notre domicile si, si !-, faire ces menaces pour nous voir plier à la seule volonté de cet homme abusant de son pouvoir. Ecoeurés, nous décidons, pour éviter le pire, de nous rendre à l'hôpital dimanche en soirée. L'examen de Loan est normal. Nous rentrons à la maison.

Nous avons beaucoup discuté de l'attitude de ce gynécologue avec C. au cours de ses visites de suivi du post partum. Connaissant bien le personnage, elle confirmera ce que je pensais : il a agit de la sorte par excès d'orgueil...Est-ce normal de donner autant de prérogatives à des individus qui, même s'ils ont une situation sociale honorable, ont une nette tendance à agir avec démesure dès lors qu'ils se sentent dépossédés du peu de pouvoir qu'ils ont ? Je m'interroge sur la faculté de jugement, de discernement de ce chef de service qui, au nom de la protection de l'enfant, n'hésiterait pas à enlever à sa mère un bébé de quelques heures, allaité et en plein processus d'attachement avec celle-ci !!! Honte sur lui ! Lui qui a oublié la noblesse de sa tâche, qui a oublié que la vie est sacrée, qu'on lui doit le respect le plus profond et qu'il est bon et humble de s'incliner devant l'enfant qui paraît car il est la vie, car il est sacré, car il demande respect, car c'est en naissant qu'il nous donne ce qu'il y a de plus précieux en ce monde...Honte sur lui !

Ce qui est rassurant dans cette histoire, c'est que nous avons eu le soutien unanime de toute l'équipe soignante de la maternité et le soutien unanime aussi...des deux flics venus à notre porte à la demande du gynéco à l'ego hypertrophié. Ils sont repartis à la fois très contents pour nous et furieux contre ce toubib qui, ils l'ont promis, allait "entendre causer du pays !" Ils étaient, en effet, scandalisés, à juste titre d'ailleurs, d'être dérangés pour de telles interventions. Nous ne sommes pas très loin de l'abus de pouvoir...

Je ne comptais pas en rester là. Ce guignol a pourri le premier dimanche de Loan, il a apporté l'ombre au tableau, il nous a nuit. Et c'est bien la seule chose à ne pas faire avec moi : nuire. Au départ, je voulais lui faire un courrier chiadé où je me serais défoulée comme la lionne à qui on malmène son petit. Et puis non, le gars est procédurier, je ne vais pas lui faire le plaisir d'abuser de son pouvoir sur moi. Il l'a déjà bien assez fait...Il recevra donc une lettre de "remerciements" que voici :

Remerciements_au_goujat

Cette lettre est restée sans réponse à ce jour...

J'écrirai aussi à la sage-femme qui m'a répondu au téléphone :

remerciements_pour_de_vrai__

Elle nous répondra ceci :

18_01_2007_1857_25 18_01_2007_1858_55

Je ne suis pas vindicative, mais la naissance de Loan est un joyeux pied de nez à ce plouc qui, de part son attitude inhumaine à mon égard, m'a volé la naissance de Lucie, une belle revanche, un juste retour des choses, un sacré aboutissement !

Je n'aurai pas d'autres enfants. Je m'arrête sur cette note sublime de plénitude, d'achèvement. L'épilogue ? Un mal nécessaire à la boucle magnifiquement bouclée !

Accoucher sans assistance médicale ? C'est un parcours initiatique que je souhaite à toutes les femmes.

Les risques ? Les statistiques sont limpides : nous en prenons bien plus à chaque fois que nous montons dans notre voiture...sans même y penser et sans que cela nous donne le statut d'inconscient ou d'insensé, alors...laissons les choses à leur juste place.

La vie ? A-t-elle sa place à l'hôpital ?

Posté par angel et Cie à 18:40 - Loan - Et patati et patata [15] - Permalien [#]

Et patati et patata

je n'ai pas encore

rencontré un seul (ou une) gyneco qui prenne la femme et l'enfant en considération.
Et certaines sages femmes ont aussi oublié que leur métier est avant tout une vocation et qu'il faut les respecter.
Tu me diras j'en suis qu'à 3 j'ai encore une chance si jamais petitmari cède pour le 4ème ...
Ce medecin me dégoutte !
bises
claudie.

Posté par codichon, 18 janvier 2007 à 22:24

Je te comprends com-plè-te-ment!!

je n'ai rien d'autre à ajouter car ton récit à déjà tout dit ;-)

Bonne route Mme la Poule et ses poussins (et aussi au PapaCoq :-)

Posté par Ludivine, 19 janvier 2007 à 11:19

Je suis évidemment écoeurée et scandalisée. Votre choix vous appartient, vous êtes des êtres pensants, des parents, des adultes responsables, et j'en passe. Cet homme là n'est rien, il ne sait rien !

PS : j'arrive pas à ouvrir tes deux documents, c'est quoi comme extension ?

Posté par Supermama, 19 janvier 2007 à 21:17

bouououhhhhhhh, que c'est moche :-( c'est déprimant.
Ici, j'ai été transférée pour le placenta, ils ont été un peu condescendants, mais respectueux...hormis le pédiatre qui ralaît de ne pas hospitaliser ma fille (pour laquelle nous avions signé une décharge stipulant qu'elle n'était QUE mon accompagnante) et qui a quand même facturé à la sécu les 3 visites qu'il n'a pas fait :-/

Ta lettre est bien sentie, bravo. Quelle colère tu as dû ressentir :-( c'est ahurissant d'aller jusqu'à envoyer les gendarmes...pauvre mec :-/
bises

Posté par pascale, 19 janvier 2007 à 23:00

Supermama

Je l'ai passé en rtf, tu devrais pouvoir les ouvrir maintenant, bises ;-)

Posté par Angèle, 19 janvier 2007 à 23:18

Bonsoir

Trouver un gynéco sympa c'est pas facile... Et tu t'en est bien tirée : y'a des endroits où les flics auraient suivi le chef de service... Je sais de quoi je cause.
Pourtant naître à la maison c'est possible, comment on faisait avant ?
J'suis né à la maison, dans des conditions autant plus dûre que ton petiot, et j'suis bien vivant ; j'peux même dire que ça m'a fait coriace vu que j'ai déjà connu la mort en face !
Ceci dit merci de la visite sur mon blog... Et au fait, j'aime bien les vosges, j'y ai séjourné un moment.
Bien cordialement.

Posté par samuel, 20 janvier 2007 à 00:10

Snif

Bon j'ai encore chialé évidemment...

Je trouve ça dommage de gacher une si belle naissance par des actes procéduriers.

Malheureusement la conjoncture fait qu'un gynécologue ayant la vocation est vite désenchanté: accouchements "à la chaîne", traitement uniquement des cas pathologiques, menaces de procès pour erreurs de diagnostic et j'en passe. J'ai recemment discuté avec la côpine d'une copine, gynéco obstétrique, qui m'expliquait à quel point elle regrettait de ne pas avoir été sage femme pour tout cela.

Au bout de quelques années, cela donne ce type de bonhomme qui ne voit pas plus loin que le bout de son bureau et de ses bouquins médico-juridico-théoriques... plus de véritable lien avec la réalité de la vie, plus d'esprit de clairvoyance face aux situations particulières et individuelles des patients...

Après 13 ans de gynécos différents je pense en avoir trouvé un bien (le 4ème). Il a mis un transat et des coussins pour faire patienter les nouveaux-nés pendant que maman se fait examiner. C'est con comme idée, mais c'est le premier chez qui je vois ça. Dans sa tête, ses patientes sont des femmes qu'il faut mettre le plus à l'aise possible, en acceptant qu'elles débarquent avec un bébé accroché au sein et pas forcément sanglé dans une poussette.
Il m'a même dit que c'était une très bonne idée de porter Manu "à l'africaine" (sic), que les bébés portés ainsi se sentaient en sécurité et développaient de bonnes capacités motrices. Mais de faire attention à mon dos parce que elles, elles ont des tatas, mamans, soeurs qui les conseillent pour la technique ancestrale (il m'a demandé qui m'avait appris et il a tiqué quand j'ai dit "toute seule").

Je t'embrasse,

NB: tu es dans quel bled exactement dans les Vosges, il faut que je voie si on sera proches de toi...

Posté par Marietoune, 20 janvier 2007 à 01:11

Marietoune

Je sais que je suis dure quand je dis que travailler avec des êtres humains demande introspection, auto évaluation, etc permanentes. C'est absolument indispensable. Celui qui n'en est plus capable parce qu'il a perdu la foi doit se reconvertir et vite ! Ha! le souci de l'autre...c'est le combat qui me tient le plus à coeur et je ne suis pas prête de lacher l'affaire!!!
Sinon, on habite dans la capitale de la lutherie, dans la plaine des Vosges. Mais on adore aller sur les bosses pleines de sapins. On peut toujours se rancarder quelque part et s'y faire une bonne bouffe;-)
bises!

Posté par Angèle, 20 janvier 2007 à 01:26

ben oui, dès qu'on empiète sur leur territoire, ils ne sont pas bien contents les gygys!
J'en avais vu un avant la naissance de ma fille l'année dernière parce qu'elle se présentait en siège et que j'ai eu une période de doutes à un moment... Ce toubib, très sympa au demeurant, a été scotché quand je l'ai appelé (par politesse) pour lui dire que j'avais accouché toute seule à la maison, que la miss était sortie les pieds en premier mais que tout s'était très bien passé... il n'a pas arrêté de dire "vous êtes gonflée! vous êtes sacrément gonflée!", et je sentais bien que ça le dérangeait carrément... mais au moins il n'a pas joué au c__ comme ce pauvre type dont tu parles! C'est infâme!!!

Posté par Stéphanie, 20 janvier 2007 à 11:56

pays des droits de l'homme tu dis ?

Oui peut être , mais dès qu'on touche à la médico-cratie, nous ne somme plus des hommes ou des femmes , mais des patients, c'est à dire des sujets , pas loin d'être des objets.
Et quand ces patients font comme toi preuve de bon sens, libre arbitre et responsabilité , ça s'apparente à de la résistance, pour laquelle l'intervention des forces de l'ordre est necessaire.
D'ailleurs, si ç'avait été toi qui avait prévenu les bleus, et dit qu'un medecin refusait de venir examiner Loan en pleine nuit, le week end alors qu'elle allait bien, je doute fort qu'il se seraient déplacés pour aller te le chercher, ce medecin !!!

Donc voilà , un gros c... en blouse blanche décide, et tout le monde doit suivre, meme s'il n'est pas d'accord .

C'est navrant , vraiment navrant....

Merci de nous avoir raconté cet épilogue , et énormes bisous à la p'tite de l'eau

Posté par alisabel, 20 janvier 2007 à 18:05

et ben

Et ben quelle histoire, je n'avais pas tout suivi mais bon tu as raison c'est ton choix et on se doit le respecter même si on n'est pas d'accord. En plus tu ne fait pas ça par dessus la jambe il me semble. Alors bien le bonjour monsieur trou duc...

Posté par tontonfoi, 20 janvier 2007 à 21:11

Merci

... pour cette belle épopée qui m'a fait passer de la révolte... à la joie de féliciter votre grande et zolie famille !
Souci de l'autre, ah oui. Ce n'est pas en France qu'on l'a (pas plus que la liberté d'ailleurs). Il s'en suffirait de peu, mais... l'orgueil, le pouvoir, l'individualisme... Bon, mais on est pas là pour parler de ça ! merci pour cette (tout de même) belle histoire !! ça nous encourage ! (je ne suis qu'une jeune "primipare" pleine d'avenir...)

Posté par petiboutz, 21 janvier 2007 à 02:57

:)

C'est en effet une belle revanche!! bravo!!

Le récit de la naissance de ta fille m'a bcp ému, touché!! Il me donne du punch pour mener mon proget à bien, même s'il faut quelques fois aller à l'encontre des avis qu'on entend autour de nous: mon bébé naitra chez nous...

bizz à toi et bcp de bonheur à ta jolie famille!! ;)

julie

Posté par julililie, 22 janvier 2007 à 12:47

la boucle est bouclée! Bravo pour ce beau bébé en pleine santé!

Posté par laure, 23 janvier 2007 à 11:14

J'ai vécu pour ma deuxième

Le parcours initiatique d'accoucher "seule", j'entends sans présence médicale et je ressens complètement ce que tu dis, même si, chez nous, elle a eut lieu parce que notre sage femme n'a pas eut le temps d'arriver, je n'aurai jamais eut le cran de prévoir d'accoucher sans sa présence.
Cette expérience unique et magique reste une étoile solidement ancrée dans mon quotidien qui me montr'e la route que je suis capable de parcourir.

PS: rien à voir mais j'ai du mal à lire ton blog, les couleurs sont très jolies mais je suis obligée de sélectionner le texte pour pouvoir le lire.

Posté par Princesspetitpoi, 06 février 2007 à 12:01

Et un patati et patata